Publié le 15 mai 2024

Passer à un syndic en ligne est moins une question de coût qu’un arbitrage stratégique : le conseil syndical reprend le contrôle opérationnel pour maîtriser les dépenses et gagner en agilité.

  • Les modèles coopératifs permettent des économies significatives (jusqu’à 30%) en échange d’une implication plus forte du conseil syndical, qui devient le représentant légal.
  • La clé du succès réside dans l’anticipation : structurer la gestion des urgences, maîtriser les outils numériques et définir une nouvelle répartition des tâches sont des prérequis non négociables.

Recommandation : Avant de choisir une plateforme, réalisez un audit interne de vos compétences et de votre disponibilité pour définir le niveau de « souveraineté opérationnelle » que votre conseil syndical est prêt à assumer.

En tant que président de conseil syndical, je ne connais que trop bien cette ligne qui pèse lourd dans notre budget annuel : les honoraires du syndic. Chaque année, la tentation de céder aux sirènes des syndics en ligne, avec leurs promesses d’économies spectaculaires, se fait plus forte. On nous parle de 30% de charges en moins, d’une gestion plus transparente, d’outils numériques performants. Mais derrière cette façade séduisante, la question demeure et nous empêche souvent de dormir : cette économie est-elle réelle ou cache-t-elle une dégradation dangereuse du service qui finira par nous coûter plus cher en temps, en stress et en erreurs ?

La plupart des analyses s’arrêtent à une simple comparaison des « pour » et des « contre ». D’un côté, le coût ; de l’autre, l’implication demandée. C’est une vision limitée. L’expérience montre que la véritable question n’est pas « moins cher contre plus de travail ». Le passage à un syndic en ligne est en réalité un arbitrage stratégique. Il s’agit d’une décision consciente de reprendre une part de souveraineté opérationnelle, de transformer le rôle du conseil syndical de simple superviseur à celui de pilote actif de la copropriété. Mais ce changement de paradigme ne s’improvise pas. Il exige une structuration, des outils et une nouvelle répartition des responsabilités.

Cet article n’est pas un énième comparatif. C’est le retour d’expérience d’un président qui a fait ce cheminement. Nous allons analyser, point par point, comment transformer cette transition en un succès, en se concentrant non pas sur le « si », mais sur le « comment ». Nous verrons comment choisir le bon modèle, sécuriser la transition administrative, optimiser les postes de dépenses grâce à la technologie et, surtout, comment structurer votre organisation pour gérer efficacement les urgences et la communication sans vous laisser déborder.

Pour vous guider dans cette réflexion stratégique, nous aborderons les points essentiels qui feront de votre transition vers un syndic en ligne une réussite maîtrisée plutôt qu’un pari risqué.

Matera, Illicopro, Syndic One : quelles différences de modèle (coopératif vs assisté) ?

La première étape de notre arbitrage stratégique consiste à comprendre que tous les « syndics en ligne » ne se valent pas. Ils proposent des niveaux d’implication et de responsabilité très différents. Oublions la simple étiquette « en ligne » et parlons plutôt de modèles de gestion. On distingue principalement deux grandes familles : le syndic coopératif assisté et le syndic professionnel en ligne. Le choix entre les deux définira la nature même de votre gouvernance.

Le modèle coopératif assisté, popularisé par des acteurs comme Matera, est le plus radical. Ici, le syndic, c’est vous. Le président du conseil syndical endosse légalement le rôle de syndic. La plateforme n’est pas le syndic, mais un prestataire de services qui vous fournit les outils (comptabilité, communication, assemblée générale) et l’expertise (juristes, comptables) pour exercer cette fonction. C’est la promesse d’une souveraineté opérationnelle maximale et d’économies substantielles, puisque Matera fait économiser en moyenne 30% sur les charges. En contrepartie, l’engagement et la responsabilité légale du conseil syndical sont totaux.

Le syndic professionnel en ligne, comme Syndic One ou certaines offres de Manda (ex-Hello Syndic), conserve un modèle plus classique. Un syndic professionnel, titulaire d’une carte, reste le représentant légal de la copropriété. Cependant, la gestion est dématérialisée, et un gestionnaire dédié (souvent à distance) suit un portefeuille plus large d’immeubles. L’économie est toujours présente, mais généralement moins marquée. C’est un arbitrage plus modéré : vous déléguez la responsabilité légale et une partie de l’opérationnel, tout en bénéficiant d’outils numériques pour plus de transparence.

Pour y voir plus clair, l’analyse comparative des modèles est essentielle. Il ne s’agit pas de choisir le moins cher, mais celui qui correspond le mieux à la culture, aux compétences et à la disponibilité de votre conseil syndical.

Comparaison des principaux syndics en ligne français
Critère Matera (Syndic Coopératif) Syndic One (Professionnel en ligne) Manda (Ex-Hello Syndic)
Tarifs moyens 39€ à 100€/lot/an 80€ à 100€/lot/an Connect : < 10 lots très compétitif
Modèle de gestion Coopératif : président du conseil syndical = syndic Professionnel avec gestionnaire dédié Offre hybride : avec ou sans gestionnaire
Services inclus Plateforme + experts juridiques/comptables Visite technique offerte, carnet numérique 3 offres : Connect, Zen, Promotion
Frais supplémentaires Aucun (tout inclus) 15% en moyenne selon services Variables selon l’offre choisie

Le marché lui-même évolue, avec des acteurs comme Matera qui, fort de ses 10 000 copropriétés clientes, propose désormais une nouvelle offre de syndic local pour s’adapter à des besoins différents. Cela montre que la frontière entre les modèles peut devenir floue. Votre choix doit donc être guidé par une seule question : quel niveau de contrôle et de responsabilité notre équipe est-elle prête à assumer pour atteindre nos objectifs de maîtrise des coûts ?

Reprise des archives : comment récupérer les documents de l’ancien syndic sans blocage ?

La transition entre deux syndics est un moment critique, souvent source de tensions. La récupération des archives et des fonds est sans doute le point le plus redouté par tout conseil syndical. Avec un syndic en ligne, cette étape est d’autant plus sensible car vous n’avez pas d’interlocuteur physique pour faire pression. Heureusement, la loi encadre très strictement cette procédure. La clé n’est pas la confrontation, mais la maîtrise du cadre légal et l’anticipation.

La loi ELAN a fixé des délais précis. L’ancien syndic dispose de quinze jours après la fin de son mandat pour transmettre la situation de trésorerie et les références des comptes bancaires. Il a ensuite un mois pour remettre l’ensemble des documents et archives du syndicat. Ce délai peut être étendu à trois mois pour l’état des comptes des copropriétaires et du syndicat. Connaître ces délais est votre première arme. Ne paniquez pas si tout n’arrive pas le lendemain de l’AG. Suivez le calendrier légal.

Si, à l’issue du premier mois, les documents manquent, la procédure est claire : une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception (ou sa version électronique LRE) doit être envoyée. Ce n’est pas une déclaration de guerre, mais un acte juridique nécessaire. Si l’ancien syndic n’obtempère pas dans les huit jours, vous pouvez alors saisir le tribunal en référé. Le juge pourra ordonner la remise des pièces sous astreinte (une pénalité financière par jour de retard) et même allouer des dommages et intérêts. La procédure, telle que détaillée par des juristes spécialisés, est efficace et dissuasive.

Pour la question cruciale des fonds, une astuce existe pour les copropriétés d’une certaine taille. Comme le précise l’Association des Responsables de Copropriétés (ARC), un organisme de référence en France :

Pour les copropriétés de plus de 15 lots, le syndic repreneur est en mesure de se rendre auprès de la banque de la copropriété pour reprendre la gestion du compte. Le repreneur dispose d’un mandat accordé par le syndicat des copropriétaires pour gérer en son nom son compte bancaire. Il n’est donc plus nécessaire d’attendre les délais prévus par la loi.

– Association des Responsables de Copropriétés, ARC – Guide du changement de syndic

Cette approche, souvent méconnue, permet de sécuriser la trésorerie presque immédiatement. En maîtrisant la procédure sur le bout des doigts, le conseil syndical transforme ce qui est perçu comme un risque majeur en un processus administratif cadré, démontrant une fois de plus que le contrôle passe par la connaissance.

Chauffage collectif connecté : comment la domotique peut baisser la facture énergétique de 15% ?

Le chauffage est le colosse des charges de copropriété. C’est souvent le premier poste de dépense, et sa volatilité met nos budgets à rude épreuve. Les chiffres sont éloquents : le chauffage représente environ 30% du budget des copropriétés, avec une augmentation spectaculaire de 41% en seulement trois ans. Face à cette flambée, l’arbitrage stratégique en faveur d’un syndic en ligne prend tout son sens lorsqu’il s’accompagne d’un pilotage par les outils. La domotique n’est plus un gadget, mais une arme de maîtrise des coûts.

L’idée est simple : reprendre le contrôle en passant d’un système passif et uniforme à une gestion active et intelligente. Les solutions de chauffage collectif connecté, comme l’installation de robinets thermostatiques connectés sur chaque radiateur et de capteurs de température, permettent d’ajuster le chauffage au plus près des besoins réels de chaque logement et des moments de la journée. Fini le chauffage à plein régime dans des appartements inoccupés ou surchauffés au premier rayon de soleil. C’est la fin de l’injustice perçue par les habitants du premier étage qui paient pour ceux du dernier.

L’installation d’un système de chauffage intelligent est un excellent exemple de l’agilité que permet un modèle de gestion plus autonome. Là où un syndic traditionnel pourrait prendre des mois pour lancer un appel d’offres, un conseil syndical réactif, épaulé par les experts de sa plateforme en ligne, peut mener le projet plus rapidement. L’investissement initial est réel, mais le retour sur investissement est souvent rapide, avec des baisses de consommation de l’ordre de 15% à 25% dès la première année.

Pour bien visualiser l’impact de cette technologie, il faut imaginer un système nerveux central pour le chauffage de l’immeuble. C’est exactement ce que propose la domotique.

Système de chauffage intelligent avec capteurs connectés dans un immeuble moderne

Comme le montre cette image, l’intelligence se situe au niveau du radiateur lui-même. Ce contrôle décentralisé et centralisé à la fois permet une régulation fine, impossible avec les systèmes traditionnels. Cette approche technologique, combinée à des travaux plus lourds si nécessaire, peut engendrer des économies encore plus drastiques. En effet, en cas de forte déperdition de chaleur, des travaux de rénovation énergétique peuvent générer jusqu’à 30% d’économies sur les factures, un chiffre qui justifie une réflexion de fond sur l’isolation de l’immeuble.

Le passage à un syndic en ligne ne doit donc pas être vu comme une simple économie sur les honoraires, mais comme une opportunité de réinvestir une partie des gains dans des technologies qui généreront des économies bien plus importantes et durables sur le long terme.

Vigik et interphone GSM : gérer les accès prestataires sans être sur place

Un des arguments principaux contre le syndic en ligne est l’absence physique : « Qui va donner les clés au plombier ou à l’électricien ? ». Cette objection, tout à fait légitime, est en réalité un faux problème si l’on opère la bonne transition technologique. La gestion des accès à distance n’est plus de la science-fiction. Elle est au cœur de la souveraineté opérationnelle que nous cherchons à atteindre. Il s’agit de remplacer la dépendance à une personne physique par la fiabilité d’un système technologique maîtrisé.

Les solutions sont aujourd’hui matures et variées. Le système Vigik, déjà standard pour La Poste et les services d’urgence, peut être étendu. Des badges programmables peuvent être créés pour des prestataires réguliers, avec des droits d’accès limités dans le temps. Mais la véritable révolution vient de l’interphone GSM et des solutions connectées. Un interphone GSM permet de renvoyer l’appel du portier vers un ou plusieurs numéros de téléphone du conseil syndical. Depuis son téléphone, un membre peut alors parler au visiteur et lui ouvrir la porte, où qu’il se trouve. C’est le contrôle total, à distance.

Aller plus loin, des solutions hybrides connectées permettent de créer des accès temporaires via une application, d’envoyer des « clés virtuelles » par smartphone, et surtout, de conserver un journal de tous les accès (qui est entré, et à quelle heure). C’est un niveau de sécurité et de traçabilité souvent supérieur à la simple remise d’une clé physique. L’important est de choisir la solution adaptée à la taille et aux besoins de sa copropriété.

Voici un aperçu comparatif des solutions courantes pour vous aider à y voir plus clair dans cet arbitrage entre coût, flexibilité et sécurité.

Solutions de contrôle d’accès pour copropriétés
Solution Coût moyen Avantages Inconvénients
Vigik classique 15-25€/badge Standard La Poste, largement répandu Gestion physique des badges
Interphone GSM Abonnement 10-20€/mois Accès à distance, logs horodatés Dépendance réseau mobile
Solution hybride connectée 30-50€/mois Gestion plateforme + accès multiples Formation nécessaire

Bien sûr, qui dit gestion des accès dit sécurité des données. Il est impératif de choisir des prestataires qui garantissent une protection robuste. Un acteur du secteur met en avant utiliser « des protocoles de cryptage avancés (AES-256), double authentification et audits réguliers, en respectant la norme ISO 27001 et les exigences RGPD ». C’est ce niveau d’exigence que le conseil syndical doit avoir en tête. La question n’est plus « qui va ouvrir la porte ? », mais « quel système sécurisé et fiable allons-nous mettre en place pour contrôler nous-mêmes nos accès ? ».

Fuite ou panne d’ascenseur : qui gère l’astreinte quand le syndic est une plateforme web ?

C’est la question qui hante les nuits de tout membre d’un conseil syndical envisageant un syndic en ligne : que se passe-t-il à 2h du matin un dimanche quand une canalisation explose ? L’absence d’un gestionnaire physique avec un numéro d’urgence 24/7 est le risque perçu comme le plus grand. Ne pas le traiter avec le plus grand sérieux serait une erreur stratégique monumentale. La solution ne réside pas dans l’espoir que rien n’arrive, mais dans la construction d’une matrice des responsabilités claire et d’un protocole d’urgence à toute épreuve.

Avec un syndic en ligne, la responsabilité de la première action en cas d’urgence retombe souvent sur le conseil syndical. C’est un fait. Le syndic en ligne peut fournir une assistance, des numéros, mais il ne se déplacera pas. Il est donc illusoire de penser que l’on peut faire des économies sans accepter ce transfert de responsabilité. Une étude a montré que les primes d’assurances ont augmenté de 16% entre 2021 et 2024, ce qui inclut la couverture de ces sinistres. Maîtriser la gestion des urgences, c’est aussi un levier pour maîtriser ces coûts.

La clé est l’anticipation. Le conseil syndical doit cesser de penser en « pompier » et commencer à penser en « architecte de la sécurité ». Cela signifie mettre en place un système robuste avant même que la première urgence ne survienne. La réactivité du conseil syndical devient alors le maillon central de la chaîne d’intervention.

Réunion d'urgence du conseil syndical avec outils de communication modernes

Le succès de la gestion des urgences repose sur un protocole clair et partagé, connu de tous les copropriétaires. Ce protocole ne laisse aucune place à l’improvisation. Il doit être voté en AG et affiché dans les parties communes. Voici les points essentiels à intégrer dans votre plan d’action.

Votre plan d’action pour un protocole d’urgence infaillible

  1. Annuaire des prestataires : Établir et pré-qualifier une liste de plombiers, électriciens, et ascensoristes d’urgence (avec leurs tarifs d’intervention de nuit/week-end).
  2. Rôles et responsabilités : Définir clairement qui au sein du conseil syndical est le point de contact principal, qui est le backup, et qui a l’autorité pour déclencher une intervention.
  3. Budget d’urgence pré-approuvé : Faire voter en AG une enveloppe budgétaire spécifique que le conseil syndical peut engager pour des interventions urgentes sans avoir à convoquer une AG extraordinaire.
  4. Canaux de communication : Mettre en place un groupe de communication instantanée (type WhatsApp) pour le conseil syndical et un numéro d’alerte unique pour les copropriétaires.
  5. Option d’astreinte externe : Vérifier si la plateforme de syndic ou votre contrat d’assurance propose une option d’astreinte téléphonique 24/7 qui peut servir de premier filtre et contacter vos prestataires pré-qualifiés.

Certains avertissent que « le syndic en ligne se repose parfois sur les membres du conseil syndical… ce qui rallonge les délais ». C’est exact si rien n’est préparé. Mais avec un protocole comme celui-ci, le conseil syndical peut être bien plus réactif qu’un gestionnaire externe qui doit d’abord obtenir l’autorisation d’agir. L’arbitrage est là : vous échangez la prétendue tranquillité d’un numéro d’astreinte contre le contrôle et une réactivité potentiellement supérieure.

Emails, téléphone, urgences : la méthode pour ne pas se noyer sous les sollicitations

Une fois l’arbitrage stratégique opéré et la souveraineté opérationnelle acceptée, un nouveau défi émerge : la gestion du flux de communication. En devenant le point de contact principal, le conseil syndical peut vite se retrouver submergé par les emails, les appels et les messages des copropriétaires. Sans une méthode claire, l’enthousiasme initial peut rapidement se transformer en épuisement. La clé est de canaliser la communication et d’éduquer les résidents aux nouveaux processus.

Il est essentiel de définir des canaux de communication officiels et de s’y tenir. Par exemple :

  • Pour les urgences avérées (fuite d’eau, panne totale d’électricité) : un numéro de téléphone dédié, partagé entre quelques membres du conseil.
  • Pour les demandes non urgentes (problème de badge, ampoule à changer) : l’outil de « ticketing » ou de messagerie de la plateforme du syndic en ligne. Cela permet de tracer les demandes, de les assigner et de suivre leur résolution.
  • Pour les questions générales et les débats : un forum ou un espace communautaire sur la plateforme, ou une liste de diffusion par email.

Cette segmentation évite que le téléphone d’un membre du conseil ne sonne pour une simple question administrative. Il faut ensuite communiquer très clairement cette nouvelle organisation à tous les copropriétaires, et ne pas hésiter à rediriger systématiquement les demandes vers le bon canal.

L’autre aspect est de fixer des « heures de bureau ». Sauf urgence, le conseil syndical n’est pas un service client disponible 24/7. Il est tout à fait acceptable de communiquer sur le fait que les demandes non urgentes seront traitées sous 48h, par exemple. C’est une question de respect du temps des bénévoles. La transparence sur les processus et les délais est la meilleure façon de gérer les attentes et de réduire la pression. Cette approche structurée de la gestion est d’ailleurs un levier de performance. Une étude a montré que dans le parc géré par Manda, les charges n’ont augmenté que de 12% entre 2021 et 2024, contre près de 20% pour le reste du marché. Comme le souligne l’analyse, « le coût d’un syndic, quand il fait bien son travail, n’est pas une dépense : c’est un levier d’économies« . Ce principe s’applique aussi à un conseil syndical qui gère efficacement.

En cadrant la communication, le conseil syndical ne se protège pas seulement du surmenage. Il se professionnalise, gagne en efficacité et démontre à tous que le nouveau modèle de gestion est non seulement économique, mais aussi plus structuré et réactif que le précédent.

Tokenisation de l’immobilier : acheter un immeuble par « jetons » est-il l’avenir de la SCPI ?

Le titre peut sembler futuriste, voire déconnecté de nos préoccupations quotidiennes de charges et de fuites d’eau. Pourtant, s’intéresser à des concepts comme la « tokenisation » (le fait de diviser la propriété d’un bien en « jetons » numériques sur une blockchain) est révélateur d’une tendance de fond : la transformation et la professionnalisation croissantes de la gestion immobilière. Que l’on soit un investisseur achetant des parts d’un immeuble ou un conseil syndical gérant ce même immeuble, les exigences de rigueur, de transparence et de conformité légale s’intensifient.

Cette complexification est particulièrement visible dans les copropriétés avec une forte proportion d’investisseurs locatifs. En France, près de 40% des logements en copropriété sont loués, ce qui représente environ 3,25 millions de logements. Ces copropriétaires-bailleurs, souvent éloignés géographiquement, ont des attentes différentes de celles des occupants : ils recherchent avant tout la rentabilité, la valorisation de leur patrimoine et une gestion sans faille qui ne grève pas leurs revenus locatifs. Ils sont donc particulièrement sensibles aux arguments de maîtrise des charges et d’efficacité des syndics, qu’ils soient en ligne ou non.

Face à ce marché en mutation et à l’arrivée de nouveaux modèles de gestion, le législateur lui-même s’adapte et rehausse le niveau d’exigence. Une évolution récente est passée relativement inaperçue mais elle est fondamentale pour l’avenir du métier. Comme le souligne le site Mon Conseil Droit, spécialisé en actualité juridique :

La législation 2025 redéfinit en profondeur le statut juridique des syndics de copropriété. L’ordonnance ministérielle n°2024-312 du 18 mars 2024 introduit une distinction formelle entre deux catégories de syndics : les syndics professionnels classiques et les nouveaux ‘syndics certifiés haute qualité’.

– Mon Conseil Droit, Nouveautés 2025 du droit de la copropriété

Cette nouvelle certification, basée sur des critères de formation, de transparence et de qualité de service, montre que l’avenir n’est plus à l’amateurisme. Même pour un conseil syndical en modèle coopératif, cette tendance doit servir de guide. L’objectif doit être de tendre vers ce niveau de « haute qualité » dans sa propre gestion : procès-verbaux impeccables, suivi comptable rigoureux, communication transparente. Que l’on gère des « jetons » immobiliers ou des lots de copropriété classiques, la rigueur est la nouvelle norme.

À retenir

  • Le choix d’un syndic en ligne est un arbitrage stratégique, pas seulement un choix de coût. Vous échangez des honoraires contre une plus grande implication.
  • La clé du succès est l’anticipation : bâtir un protocole d’urgence solide et définir des canaux de communication clairs avant la transition est non-négociable.
  • La technologie (domotique, interphones GSM) n’est pas un gadget mais un levier pour reprendre le contrôle sur les postes de dépenses et la gestion des accès.

Métier de syndic : comment gérer la pression des copropriétaires mécontents sans burnout ?

Nous y voilà. Après avoir analysé les modèles, les outils et les processus, il reste la dimension la plus importante : l’humain. Assumer le rôle de syndic bénévole ou être un membre très actif du conseil syndical expose à une pression constante. Les attentes sont élevées, la reconnaissance parfois faible, et le risque de burnout est réel. Le marché de la copropriété en France est tendu ; selon une étude, plus d’un tiers des copropriétaires envisagent de changer de syndic, ce qui témoigne d’une insatisfaction générale qui rejaillit inévitablement sur ceux qui sont en première ligne.

Gérer cette pression n’est pas une question de « dureté », mais de méthode et de perspective. Premièrement, il faut se rappeler le « pourquoi » de notre engagement. Souvent, la motivation première est de mieux maîtriser les charges et d’améliorer la vie dans l’immeuble. Garder cet objectif en tête aide à relativiser les critiques. Les résultats concrets sont la meilleure armure. Un témoignage d’un copropriétaire passé au modèle coopératif illustre bien cette récompense :

Petite copropriété de 7 logements, nous sommes passés chez Matera en 2024 avec la formule ‘syndic coopératif’. L’avantage est que nous avons divisé par 4 les frais de syndic. Matera est une solution simple pour faire des économies au niveau de la copropriété. Nous faisons des économies de 1000€ grâce à l’assurance et au coût du syndic.

– Un copropriétaire sur Trustpilot

Deuxièmement, il est crucial de ne jamais être seul. La gestion doit être collégiale. Répartir les tâches au sein du conseil syndical (un référent pour les travaux, un pour la comptabilité, un pour la communication) dilue la charge mentale et la responsabilité. C’est le principe de la « matrice des responsabilités » que nous avons évoquée pour les urgences, appliquée à l’ensemble de la gestion.

Enfin, la communication est votre meilleur allié. Une newsletter mensuelle résumant les actions menées, les problèmes rencontrés et les économies réalisées est un outil puissant. Elle rend votre travail visible, justifie vos décisions et anticipe les questions. En montrant que vous pilotez activement la copropriété sur la base d’une stratégie réfléchie, vous transformez les critiques potentielles en une reconnaissance de la valeur ajoutée que vous apportez. La pression ne disparaît pas, mais elle devient le moteur d’une gestion efficace et reconnue, et non une source d’épuisement.

L’arbitrage est donc clair : le syndic en ligne n’est ni une solution miracle, ni un piège inévitable. C’est un outil puissant pour qui est prêt à passer d’un rôle de surveillance passive à un pilotage actif. L’étape suivante pour votre conseil syndical consiste donc à réaliser cet audit interne : évaluez honnêtement vos compétences, votre disponibilité et votre volonté collective d’endosser de nouvelles responsabilités pour déterminer quel niveau d’arbitrage est le plus pertinent pour votre copropriété.

Questions fréquentes sur le passage à un syndic en ligne

Quelle est la satisfaction des Français vis-à-vis de leur syndic ?

Les études montrent un niveau de satisfaction assez bas. Selon une enquête récente, seulement 12% des Français se déclarent très satisfaits de leur syndic professionnel, ce qui explique en grande partie l’attrait pour des alternatives comme les syndics en ligne.

Comment les nouvelles générations influencent-elles la gestion de copropriété ?

Les nouvelles générations de copropriétaires, habituées au numérique, à la réactivité et à des services compétitifs, poussent le marché à se transformer. Ils recherchent des services plus personnalisés, une communication transparente et instantanée, et une plus grande maîtrise des coûts, ce qui correspond bien à la promesse des plateformes en ligne.

Quel est l’impact du numérique sur le métier de syndic ?

La digitalisation transforme profondément le métier de syndic. L’automatisation des tâches répétitives, comme les envois de courriers ou la comptabilité, devient une priorité. Les plateformes intelligentes permettent aux gestionnaires (ou aux conseils syndicaux en modèle coopératif) de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme le suivi des travaux ou la négociation des contrats.

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