Couple visitant une maison lumineuse avec vue sur jardin méditerranéen
Publié le 15 février 2026
La maison vous plaît. Le prix affiché dépasse votre budget de 25 000 €. Vous hésitez à faire une offre en dessous. Trop basse, vous risquez de froisser le vendeur. Trop proche du prix demandé, vous avez l’impression de surpayer. Ce dilemme, je l’entends chaque semaine dans les dossiers que j’accompagne sur le secteur de Montferrier-sur-Lez et Saint-Clément-de-Rivière. La bonne nouvelle : en 2025, les acheteurs disposent de vraies marges de manœuvre. Selon le baromètre IAD février 2025, la marge moyenne atteint 8% sur l’ensemble du marché français. Reste à savoir comment l’exploiter sans perdre le bien.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement immobilier personnalisé. Les marges de négociation varient selon chaque bien et chaque marché local. Consultez un professionnel de l’immobilier pour évaluer votre situation spécifique.

Les chiffres clés de la négociation immobilière en 2025

  • Marge moyenne : 8% tous biens confondus (+12% sur un an)
  • Maisons : comptez environ 8,5 à 10% de rabais potentiel
  • Appartements : plutôt autour de 7,5%
  • DPE classé G : décote pouvant atteindre 25% par rapport à un bien classé D

Entre 3 et 10% : la fourchette réaliste selon le contexte

Oubliez les moyennes nationales brutes. Ce qui compte, c’est votre situation. Un appartement à Montpellier centre ne se négocie pas comme une maison à rénover dans l’arrière-pays. Sur les transactions que j’accompagne dans le nord de l’agglomération, je vois des écarts considérables. Un bien en parfait état, bien placé, affiché au juste prix ? Vous gratterez 3 à 4%. Maximum. Une maison qui traîne depuis 5 mois avec un DPE catastrophique ? Là, on peut discuter à 12 ou 13%.

Pour vous donner des repères concrets, les plateformes comme Alpaca permettent de comparer les prix pratiqués dans votre secteur. C’est un point de départ utile avant toute visite. Selon les données mars 2025 du Village des Notaires, les marges atteignent 8,6% pour les maisons et 7,6% pour les appartements. Le niveau le plus haut depuis 2010.

Marges de négociation observées selon le type de marché
Situation Marché tendu Marché équilibré Marché détendu
Bien au prix du marché, bon état 0 à 3% 3 à 5% 5 à 8%
Bien affiché depuis +3 mois 3 à 5% 5 à 8% 8 à 12%
Travaux importants ou DPE F/G 5 à 8% 8 à 12% 10 à 15%+
Acquéreur consultant des comparatifs de prix immobilier dans son salon
Comparer les prix au m² du secteur reste indispensable avant de formuler une offre

Ces fourchettes ne sont pas des promesses. Elles dépendent de votre capacité à justifier votre offre. J’y reviens plus bas. Retenez simplement que le contexte local prime sur les statistiques nationales. Dans certaines zones de l’Hérault, la marge peut monter à 13% selon l’analyse de décembre 2025. Dans d’autres, vous n’obtiendrez rien.

Les 5 signaux qui révèlent une marge de négociation élevée

Avant de vous lancer, apprenez à repérer les biens négociables. Tous ne le sont pas. Voici les indicateurs que je vérifie systématiquement sur chaque dossier.

5 signaux à vérifier avant de négocier

  • Durée de mise en vente supérieure à 3 mois — Le vendeur commence à douter de son prix. Marge potentielle : +3 à 5%

  • DPE classé E, F ou G — Les travaux énergétiques pèsent lourd. Selon l’étude valeur verte 2025, un bien classé G vaut 25% de moins qu’un D

  • Prix au m² supérieur au quartier — Si le bien est affiché 10% au-dessus des comparables, la marge existe mécaniquement

  • Vendeur pressé ou contraint — Divorce, mutation, succession : la motivation du vendeur accélère les concessions

  • Défauts visibles non corrigés — Toiture à refaire, façade dégradée, cuisine vétuste : autant d’arguments chiffrables

Façade de maison provençale avec panneau à vendre dans jardin méditerranéen
Un bien affiché depuis plusieurs mois offre généralement plus de latitude à la négociation

Franchement, le signal le plus fiable reste la durée. Un bien qui stagne depuis 4 ou 5 mois, c’est un vendeur qui commence à revoir ses ambitions. Je le constate chaque semaine sur le secteur nord de Montpellier. Les acheteurs qui maîtrisent les fondamentaux de la négociation immobilière gagnante obtiennent systématiquement de meilleurs résultats.

Attention au DPE. Ce n’est plus un détail. Une maison classée E se vend désormais 9% moins cher qu’une D toutes choses égales par ailleurs. Il y a quatre ans, l’écart n’était que de 5%. Le fossé se creuse.

Quand la négociation peut vous faire perdre le bien

Je déconseille de négocier au-delà de 5% dans trois situations précises : le bien est affiché depuis moins de 3 semaines, plusieurs acheteurs sont positionnés, ou le prix est déjà inférieur aux comparables du secteur. Sur un marché tendu comme certains quartiers de Montpellier, une offre trop basse sera simplement ignorée. Sans discussion.

Comment formuler une offre négociée qui passe

Dans les transactions que j’accompagne sur le secteur de Saint-Clément-de-Rivière et Montferrier-sur-Lez, l’erreur la plus fréquente reste de proposer une offre basse sans éléments factuels. Le vendeur se braque et refuse d’entamer toute discussion. Ce constat est propre à ce marché péri-urbain recherché et peut varier selon la durée de mise en vente et le profil du vendeur.

Cas concret : Thomas, acquéreur à Montferrier-sur-Lez

J’ai accompagné Thomas l’année dernière. 38 ans, cadre informatique, budget de 380 000 €. Il visait une maison affichée à 415 000 € depuis 4 mois. Le bien était surévalué d’environ 8% par rapport au marché local. Thomas hésitait à proposer -12% par peur d’un refus sec. Nous avons construit son offre différemment : 365 000 € avec un dossier complet (devis travaux toiture, estimation rénovation énergétique, comparatifs de prix du quartier). Le vendeur a contre-proposé à 378 000 €. Accord signé. Soit -9% du prix initial.

La clé ? Thomas n’a pas négocié à l’aveugle. Il a justifié chaque euro demandé. C’est la différence entre une offre qui passe et une offre qui vexe.

Sur les négociations que j’accompagne, le délai moyen entre première offre et accord s’étend sur 10 à 14 jours. Aller plus vite met souvent la pression au détriment de la marge obtenue.

Mon conseil : Ne posez jamais votre prix plafond en première offre. Gardez 2 à 3% de marge pour la contre-proposition. Si vous pouvez aller jusqu’à 370 000 €, proposez 360 000 €. C’est le jeu.

Votre offre doit comporter trois éléments : le montant proposé, la justification factuelle (défauts, travaux, comparables), et vos conditions (délai de réponse, financement validé). Un vendeur prend au sérieux un acheteur organisé. Les dossiers bâclés finissent à la poubelle.

Vos questions sur la négociation immobilière

Mon offre a été refusée. Que faire maintenant ?

Un refus n’est pas forcément définitif. Attendez quelques jours, puis revenez avec une offre légèrement révisée si le bien reste disponible. Le vendeur a peut-être besoin de temps pour accepter que son prix initial était trop élevé. Si le refus est catégorique et immédiat, votre offre était probablement trop éloignée du prix attendu.

Peut-on négocier sans passer par un agent immobilier ?

Oui, mais c’est plus délicat. L’agent sert d’intermédiaire neutre et peut faire passer des messages difficiles. En direct avec le vendeur, chaque mot compte davantage. Vous risquez de crisper la relation avant même le compromis. Si vous négociez seul, restez factuel et évitez les critiques personnelles sur le bien.

Combien négocier sur un marché tendu ?

Sur un marché tendu, la marge descend à 0 à 3%. Parfois moins. Si le bien est au bon prix et que d’autres acquéreurs sont positionnés, une offre au prix affiché peut même être refusée au profit d’un dossier plus solide. Concentrez-vous sur la qualité de votre financement plutôt que sur le rabais.

Le DPE justifie-t-il vraiment une décote importante ?

Absolument. Les chiffres sont sans appel : une maison classée G vaut environ 25% de moins qu’une maison classée D. L’écart se creuse chaque année avec le durcissement des normes. Demandez des devis de rénovation énergétique pour chiffrer précisément le coût des travaux et appuyer votre négociation.

Faut-il négocier les frais d’agence en plus du prix ?

Les frais d’agence sont rarement négociables directement. En revanche, si vous obtenez une baisse significative du prix net vendeur, l’agence perçoit mécaniquement moins de commission (calculée en pourcentage). Concentrez vos efforts sur le prix du bien plutôt que sur les honoraires.

La prochaine étape pour vous

Vous avez maintenant les repères essentiels. Avant votre prochaine visite, posez-vous cette question : combien de signaux de marge élevée ce bien cumule-t-il ? Si la réponse est deux ou plus, vous avez une vraie carte à jouer. Si la réponse est zéro, préparez-vous à payer proche du prix affiché — ou à chercher ailleurs.

Précisions sur les marges de négociation

  • Les pourcentages mentionnés sont des moyennes nationales qui varient fortement selon les marchés locaux
  • Chaque bien présente des caractéristiques uniques impactant la négociabilité
  • Les données de marché évoluent rapidement selon la conjoncture économique

Pour une évaluation personnalisée, consultez un agent immobilier local ou un notaire.

Rédigé par Camille Castanier, professionnelle de l'immobilier exerçant en agence indépendante dans le nord de Montpellier depuis plusieurs années. Spécialisée dans les transactions résidentielles sur les communes de Saint-Clément-de-Rivière et Montferrier-sur-Lez, elle accompagne acquéreurs et vendeurs dans leurs projets immobiliers. Son approche privilégie la connaissance fine du marché local et la transparence dans les négociations.